Je suis d'accord avec ta manière d'appréhender la course, il ne s'agit pas de séparer le fond de la forme, le résultat de la manière. De belles attaques lancées sans calcul, dans le seul but de faire le spectacle, seraient suicidaires et puériles. Et la poursuite aveugle et froide de la victoire serait inhumaine. Par ailleurs, je me suis souvent demandé pourquoi tous les regards se tournent vers le podium, étant entendu que la victoire ne revient généralement pas au plus "méritant" mais au plus "fort". Le vainqueur est-il le seul digne d'intérêt ? Et dans ce cas, quel serait la valeur des innombrables "non vainqueurs", dans le sport et dans la vie ? Je pense que le vainqueur symbolise avant tout notre envie de nous élever, de nous dépasser. Lorsque nous participons à une compétition, quelle qu'elle soit, nous nous mettons en situation d'aller plus loin que si nous restons seul. Je remplacerais donc la célèbre formule "l'important n'est pas de gagner mais de participer" par "l'important n'est pas de gagner mais de se dépasser". Les réactions passionnelles des spectateurs ne cessent de m'étonner. Je suis surpris que des adultes aient tant besoin de s'identifier à une idole et de prendre parti pour "leur" champion", au point de devenir agressifs envers ses "adversaires". Pour tout dire, à la limite, je me fous qu'untel ou untel gagne l'épreuve. Comme dans un film, les coureurs sont les acteurs d'un spectacle qui doit me faire vibrer, mais je n'aime pas les scénarios qui opposent les "bons" aux "méchants".