Je crie généralement un "imbécile", de peur et de colère, lorsqu'un automobiliste m'a mis en danger et cela ne va généralement pas plus loin, le gars poursuit sa route… Sauf une fois (een keer, pour les connaisseurs 😉). L'automobiliste que j'avais engueulé parce qu'il m'avait frôlé en klaxonnant pour me doubler alors que je serrais ma droite s'est arrêté rapidement et a ouvert sa vitre pour m'expliquer d'un ton anormalement calme : "vous prenez des risques, et ça ne sert à rien, ça ne sert à rien…". Son avertissement plein de sous-entendus sonnait comme une menace. Je m'efforçais de ne pas avoir l'air impressionné mais je m'attendais à le voir sortir un flingue de sa boîte à gants… La colère appelle la colère. L'automobiliste (ou n'importe quelle autre personne) qui se fait insulter parce qu'il a commis une erreur réagit tout d'abord agressivement à une attaque verbale. Reconnaître son erreur demande qu'on en ait conscience et cela prend parfois du temps. Mais les circonstances (conducteur isolé à l'intérieur de sa voiture, donc inaccessible au dialogue, et la rapidité de l'événement) rendent l'explication constructive impossible. Et chacun reste frustré et enfermé dans la conviction de la légitimité de sa réaction. Et rien ne change...