Ça n'a rien à voir. Pourquoi faut-il que ce soit obligatoirement dans un col que l'on analyse la performance d'un coureur ? Parce que Vayer ne s'y intéresse pas et que, hors ascension d'un col, Portoleau n'est pas capable de calculer les puissances développées ? Avec ce raisonnement, un coureur de classiques ne sera donc jamais soupçonné de dopage. Pourtant l'histoire montre que des grands vainqueurs de classiques flandriennes comme Johan Musseeuw ont été pris par la patrouille (pour n'en citer qu'un).
Van der Poel n'est évidemment pas un coureur de grand Tour et ne doit, en outre, pas se mettre au service d'un leader dans les cols, comme Cancellara l'a fait dans le passé et Van Aert actuellement. Mais on pourrait dire qu'il domine outrageusement les classiques, surtout de type flandrienne avec des moyennes stupéfiantes lors de sa victoire dans Paris Roubaix. Il domine aussi sans partage le cyclo-cross où les écarts avec le second n'ont jamais été aussi grands. Au Ronde, ce sont surtout les conditions climatiques épouvantables et le froid qui avaient rendu la course difficile et il l'a reconnu lui-même. Son parcours solo de 60 km jusqu'au vélodrome de Roubaix est l'échappée solitaire la plus longue du 21e siècle, tandis que sa marge de victoire de 3 min sur le second est la plus importante des 20 dernières éditions de la course. Même Pogacar n'avait que 1 min 39 s d'avance sur Bardet lors de sa victoire à Liège-Bastogne-Liège. Quand Van der Poel et Pogacar ont disputé tous les deux le Ronde, le Néerlandais avait fait jeu égal avec le Slovène dans les bergs les plus pentus.
Je n'accuse nullement Mathieu van der Poel de dopage, mais je me demande pourquoi les arguments avancés par certains à propos de Pogacar ne pourraient pas aussi s'appliquer aux coureurs de classiques qui performent en ce moment.