J'avais envisagé de prendre l'avion pour Malaga et dans les jours suivants grimper le Veleta depuis Grenade ( 43km et 2700 m de D+ (De 700 à 3400m). Un imprévu ayant déraillé ce projet, j'ai voulu vérifier si cela restait dans le domaine du faisable pour un vieux. Profitant d'une météo idéale (14° C prévu en mi-journée au sommet), j'ai pris la route de la Maurienne et enfourché mon vélo à St Michel vers 10h avec l'intention de faire l'A/R mentionné plus haut. Rouler à 2600 m c'est difficile, nettement moins qu'à 3300m. Comme je voulais arriver au sommet du Galibier assez frais pour envisager le côté Sud depuis le Lautaret, j'ai adopté un rythme modéré en prévoyant 2 arrêts à Valloire et Plan Lachat. Après 2-3 km j'ai rattrapé une élégante cycliste bronzée en pédales plates que je me serais bien contenté de suivre jusque ....si seulement j'avais eu 40-50 ans de moins. A Valloire j'ai pris une amandine à la boulangerie anciennement tenue par la famille d'Alain Rapin, cycliste dont j'ai pris des nouvelles, et en sortant j'ai échangé qq mots avec un cycliste que j'avais dépassé dans le Télégraphe : un certain Florian, de Stuttgart, parlant un excellent français. Comme il connaît bien l'Am du Sud et en particulier le Pérou et la Bolivie, nous aurions pu discuter des heures. Il roulait sur un VTC monoplateau et changement de vitesses Rohloff dans le moyeu ; dans sa sacoche il avait des chaussures de marche car son objectif c'était "Le grand Galibier" à 3228m, au dessus du Galibier, montagne que j'avais toujours cru être le Mt Thabor (1000 Thabords Comme dit Haddock dans la version anglaise), après le Plan Lachat une piste permet de s'en approcher. Après Les Verneys j'ai eu un léger vent favorable et profité de qq km d'un asphalte tout neuf. Je me suis fait siffler par les marmottes, mais je ne les ai pas vues. Une tarte aux myrtilles à Plan Lachat et c'est reparti. Le vent avait forci, mais il n'a été vraiment gênant que dans la 1ère rampe après le Plan Lachat. Bien que m'étant ménagé, le dernier km après le tunnel m'a semblé aussi pénible que d'habitude. Au Lautaret le vent soufflait fort, y compris sur la terrasse du resto. Je me suis réfugié à l'intérieur, mais là aussi j'avais un peu froid. J'ai mangé une nouvelle tarte sans grand plaisir et en repartant je ne me sentais pas très bien. Rapidement j'ai dû renvoyer une bonne partie de ladite tarte dans la nature et après un bref arrêt j'ai repris ma route sans forcer pour que le reste n'en fasse pas autant. Faudra à l'avenir que j'accepte le fait que mon estomac n'est plus aussi imperturbable qu'autrefois. Mais bon, j'ai fait mes 2850 m de D+ et je pense qu'en étant plus prudent sur l'alimentation le Veleta devrait être à ma portée.