Pour avoir travaillé avec plusieurs fédérations sportives différentes, je peux témoigner que le constat est le même partout. Il y a une politique sportive impulsée depuis une trentaine d'années par le ministère des sports qui consistent à privilégier le haut niveau plutôt que la pratique amateur. Au printemps dernier, des élus du 93 dénoncaient déjà cette politique. La victoire de la France lors de la coupe du monde de foot à consterner nombre de responsables de clubs. Il va y avoir une augmentation conséquente du nombre de licenciés mais, entre autre à cause de la diminution des contrats aidés, le nombre d'encadrant reste stable. Or ce qui permet à un club d'assurer sa mission, ce sont les bénévoles, bien sur, mais également les éducateurs diplomés. Avec l'explosion du nombre d'étudiants dans la filière STAPS, les éducateurs sportifs sont souvent recrutés au niveau Bac +3. Le salaire moyen est de 1872 € par mois. Quel club aujourd'hui a les moyens de payer un tel collaborateur sachant que les aides et subventions publiques diminuent d'année en année. Or les parents aujourd'hui sont plus regardant sur l'encadrement de leurs enfants dans les clubs. Il suffit pour cela de participer aux traditionnelles journées des associations pour être confrontés aux questions parentales. Les réponses déterminant souvent le sport pratiqués. Car, par expérience, ce ne sont pas les enfants qui décident du sport qu'ils vont pratiquer mais leurs parents. Alors certes, le goût de l'effort n'est plus aussi partagé qu'auparavant mais le nombre d'enfant licenciés dans les clubs de sport restent stables. Ce qui est plus inquiétant, et ce que l'on peut essayer de changer, c'est une politique sportive qui n'a pour objectif que le nombre de médailles au JO de Paris. En clair, cela signifie que les moyens financiers, humains et logistiques iront en priorité aux clubs capables de former des futurs médaillés et non à ceux qui en ont le plus besoin à savoir les clubs qui font vivre le sport amateur, le sport populaire, le sport loisir.