Je l'ai grimpé début de cette semaine et c'était une première pour moi, puisque jamais je n'avais tenté de gravir un col à vélo, quel qu'il soit. Prudent, j'ai choisi le côté le plus "facile", par Sault. La route est très belle, j'ai mouliné tranquillement pendant les vingt premiers kilomètres, résistant à la tentation de remettre du braquet dans les passages les plus doux. Les six dernières bornes, après le Chalet Reynard, c'est autre chose ! Et c'est le dernier kilomètre qui m'a semblé le plus dur, non seulement parce qu'il est pentu, mais aussi parce qu'il vient après tous les autres. J'ai parcouru les 26,3 km qui séparent le centre de Sault (parking place du marché) du sommet en 1h58. Rien de glorieux, mais j'étais heureux d'être en haut et de l'avoir fait sans m'arrêter. Ce qui m'a impressionné, ce n'est pas ce que j'ai fait, mais ce que j'ai vu faire ! C'est inouï ! Il y a des cyclistes qui arrivent là-haut véritablement au courage, à l'énergie, à l'inconscience... Des hommes, des femmes, des enfants, des gros, des maigres, des seniors... En vélo de route, en VTT, en tandem, sur une bicyclette de location, en randonneuse avec bagages... À voir tous ceux-là, j'étais admiratif. Incroyable ce que la pratique du vélo peut susciter comme dépassement de soi !