Certes, tous les délinquants ne sont pas "récupérables" (ça me fait penser à une discussion lors d'une soirée entre amis : l'un d'eux, prof de psychologie théorique, soutenait que tous les enfants étaient capables d'apprendre à lire et écrire; sa compagne et ma compagne, profs dans l'enseignement spécialisé, côtoyaient quotidiennement des enfants débiles ou handicapés mentaux et essayaient de lui expliquer le contraire). La société ne peut être tenue pour entièrement responsable du basculement de certains individus dans la délinquance ou le terrorisme. Il est naïf de croire que l'homme naît foncièrement bon et que seule la société le pervertit. Ça ne signifie pas pour autant que la société ne joue aucun rôle dans le développement de ses membres. Ce n'est pas "tout" ou "rien", pas "blanc" ou "noir" et les mélanges sont complexes et subtils.
Je pense surtout qu'il faut se protéger de la tentation des remèdes trop simples et finalement "suspects". Désigner des catégories de personnes (les migrants, les chômeurs, les casseurs, ... et pourquoi pas les Juifs) comme responsables de tous les maux ressemble trop à une chasse aux sorcières qui empêche de remettre en question les graves dysfonctionnements de la société (tels que les inégalités, les pillages de pays entiers, les guerres, l'exploitation de populations au mépris de leur santé, l'enrichissement personnel au dépens de la communauté, etc).