Pourquoi "complètement décomplexée" ? Je trouve cette entame un peu timide, le journaliste aurait pu écrire un bien plus percutant "quand les Européens cesseront-ils de vendre leur âme au diable ?" Les Chinois devraient-ils avoir des scrupules à proposer des produits concurrentiels ? Ne serait-ce pas plutôt nous qui devrions être honteux de ne pas soutenir notre propre industrie ?
Marquez rappellerait à juste titre et non sans la pointe de provocation qui a fait sa réputation que la mondialisation et l'ultra libéralisme économique ont perverti le monde mais, à mon tour d'être provocateur, au nom de quelle éthique empêcherions nous la concurrence ?
Qu'importe, la situation devient de plus en plus inquiétante dans nos pays, notre économie fout le camp, nous sommes sur le déclin, inutile de se le cacher. Quelle en est la cause, existe-t-il un remède ?
Nous avons favorisé l'industrie chinoise, sans nous en rendre compte, du moins au début, parce que leurs produits étaient moins chers dans nos magasins. Y a-t-il un mal à gérer son budget "en bon père de famille" ? Sommes-nous coupables d'exploiter au mieux notre pouvoir d'achat ? Le problème est mal posé si on raisonne de la sorte, ce n'est pas une question de culpabilité mais de responsabilité : lorsque nous posons un acte, quel qu'il soit et quelles que soient nos intentions, il sera suivi de conséquences que nous devrons assumer.
La vie est cruelle et difficile parce qu'il est impossible de prévoir toutes les conséquences de nos actes. Avant l'achat de chaque objet en magasin, avons-nous le temps, le courage et les moyens d'analyser sa provenance, les conditions plus ou moins équitables de sa fabrication, l'influence à court ou long terme sur le climat, etc, etc ? Bien sûr que non, cela dépasse les capacités de quiconque. Mais en fermant presque complètement les yeux pour ne considérer que le prix à payer dans l'immédiat, ne cédons nous pas au confort, à la facilité ?
Notre avenir économique est difficilement prévisible parce qu'il sera lié au climat, aux flux migratoires, aux guerres, aux besoins énergétiques, etc. Nous devons cependant accepter que le prix que nous n'avons pas voulu payer aujourd'hui pour maximiser notre pouvoir d'achat à court terme a créé une dette que nous, nos enfants et nos petits enfants devront rembourser.
Mais revenons à la Chine. Son succès croissant doit-il être pour nous un exemple à suivre ou un motif de jalousie ? Je ne crois pas, elle vient seulement de nous dépasser dans la course folle de la croissance dans laquelle l'humanité s'est engagée depuis son origine. C'est cette croissance qui interpelle, parce qu'elle ne pourra pas être infinie, et toute fin est source d'angoisse.
C'était mon billet du jour, Merci de m'avoir lu 😊
P.S. l'augmentation de la dette publique et la question de son remboursement occupent l'actualité. Suis-je pessimiste d'annoncer qu'il est impossible de la réduire tout en maintenant la croissance ?